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Voici un historique du parcours de Matthieu et Nina qui a abouti à la création de la ferme maraîchère biologique « Les Jardins de l’Aubenière », située au sud de la commune de St Cast le Guildo, 22380, dans les Côtes d’Armor.
Bien qu’il n’ont pas toujours tout fait ensemble, leurs parcours se ressemblent. Après le lycée, Matthieu et Nina passent tous deux le BAFA (animateur nature et environnement, contes). Après quelques temps d’animation en classe de mer, centre aéré ou chantiers jeunes adultes (restauration du patrimoine français l’asso « CONCORDIA »), ils ressentent le besoin de se tester, car ils ne savent ni l’un ni l’autre ce qu’il serait possible de faire. Ils font des saisons de cueillettes à travers la France et autres travaux en Bretagne (paysagisme, horticulture). Nina a la chance d’entendre parler d’une asso qui permet à un jeune de voyager seul, en sécurité, car accueilli au sein d’une famille pratiquant l’agriculture bio et avide de partager leurs connaissances.
Elle part sur cette base de « vacances utiles » en Nouvelle Zélande pendant un an puis quelques mois en France pour découvrir, comparer des projets, des climats, des méthodes. Elle aide bénévolement contre le gîte et le couvert. A l’heure où le chômage est extrêmement préoccupant, c’est une chance inespérée d’apprentissage et de découverte du milieu agricole et rural, qui serait totalement inaccessible par la voie classique de salariat.

Matthieu vivra lui aussi « the kiwi experience » 3 ans après Nina et se découvrira une vocation grace au wwoofing.

Puis, apprentissage en agriculture biodynamique en Angleterre pendant 2 ans(Biodynamic association), ensemble cette fois.
Plusieurs saisons chez des maraîchers bios
WWOOFING en Amérique latine pendant 1 an
Ils veulent passer un Brevet professionnel. En Bretagne option maraîchage pour Matthieu et dans le Jura option plantes aromatiques et médicinales pour Nina. Pendant un an.

Diplome en poche, ils envisagent leur installation en maraîchage bio. C’est par le bouche à oreille, en Juin 2009, lors d’une réunion d’information sur la création d’une AMAP à Plancoët que Matthieu a eu connaissance de l’existence d’un terrain sur St Cast qui conviendrait à leur projet.

Dès l’hiver 2009, Ils plantaient les premiers arbres pour reconstituer les haies de ce qui deviendra, l’année suivante, leur lieu de travail quotidien, « les Jardins de l’Aubenière ». Ils ont décidé de reprendre le nom du lieu dit dans lequel on peut entendre le mot Aubène =chance inespérée. Déjà, les petits terrains sont très difficiles à trouver car ils partent bien plus fréquemment à l’agrandissement de fermes d’élevage ou céréalières.

Partant d’une simple prairie, il fallu un an pour mettre en place l’outil de production, c’est-à-dire creuser un puits, un bassin de récupération d’eau, monter des serres, une cabane, travailler le sol, positionner chemins et fossés, acquérir le matériel nécessaire au maraîchage bio diversifié, et bien sûr terminer le « parcours à l’installation » avec la chambre d’agriculture.
En avril 2010, Nina est officiellement installée comme agricultrice bio. Matthieu, lui continu de travailler en tant que paysagiste avec son père.

En mai 2011 étaient vendus les tous premiers légumes au marché à la ferme qui aura lieu tous les mardis de 16h à 19h.
Pendant l’été ils commencent le marché de Matignon le mercredi matin.
A l’automne 2011 ils intégrent l’AMAPetite Terre de Plancoët.

En automne 2012, Matthieu devient aussi officiellement agriculteur et Les Jardins de l’Aubenière deviennent une société (EARL).
2 serres se rajoutent aux 3 premières.

Fin 2013 ils deviennent heureux parents avec la naissance de Mano.

En juin 2014, ils intègrent l’AMAP de la baie de St Jacut.
Petit frère Tom arrive au printemps 2016.

Décembre 2016 est un mois de sévère réflexion pour Matthieu et Nina car avant d’attaquer la 8è année, il faut solutionner plusieurs problématiques:
– améliorer les rotations de cultures
– se préparer à des dérèglements climatiques. (trop ou pas assez d’eau)
– essayer de pallier au « creux » que connaissent tous les maraîchers (manque de légumes primeurs d’avril à juin)
Des décisions sont prises et mises en oeuvre de février et mars. Voici les principales évolution:
– aggrandissement de la suface sous abri avec l’aquisition d’une grande serre
– réalisation d’un 2è bassin de récupération d’eau pluviale
– création d’un CDI temps plein.

Il faudra attendre un ou deux ans complets pour faire des observations réalistes sur la pertinence de leur décision d’ammélioration des outils de production sur leurs 6 ha (dont 3,5 cultivés). Toute proportion gardée biensûr car la taille moyenne d’une ferme française est parait-il de 55 ha. Le challenge étant de ne pas disparaître face à l’arrivage du bio dans les grandes surfaces (pas local, hors saison et sans logique de prix.)